La disparition de soi

Une relation de longue durée devrait offrir un espace de développement personnel ; trop souvent, c’est là que l’on commence à s’effacer. Les envies et rêves individuels d’une femme s’estompent progressivement, remplacés par son rôle de partenaire ou d’épouse. Cette érosion de soi se joue rarement dans le bruit : elle se manifeste par la multitude de responsabilités implicites et le poids de porter à bout de bras la gestion émotionnelle du foyer.

72 % des femmes interrogées estiment avoir perdu le contact avec qui elles sont vraiment

J’ai l’impression d’avoir perdu le lien avec qui je suis vraiment.

72% Oui14% Non14% Je ne sais pas

L’effet « conjoint·e invisible »

Même physiquement présentes, de nombreuses femmes ressentent une profonde solitude émotionnelle. Le manque de reconnaissance de leur valeur engendre un sentiment ancré de ne pas être nécessaire ou de ne pas être à leur place.

72 % des femmes interrogées se sentent fréquemment seules ou invisibles dans leur relation

Je me sens souvent seule ou invisible dans mon couple.

72% Oui16% Non12% Je ne sais pas

La rumination comme stratégie de survie

La rumination est l’un des vécus les plus fréquemment rapportés par les femmes au sujet de leur couple. Face à la tension, la rumination surgit : la distance émotionnelle est assimilée à une carence personnelle — ne plus être « intéressante » ou « désirable ». Ce cercle vicieux alimente le ressentiment : il devient impossible de s’affirmer pleinement, accaparée par le besoin de maintenir un équilibre social qui attend d’elles de porter la majorité de la charge émotionnelle du couple.

88 % des femmes interrogées rapportent ressasser très souvent ou rejouer des scénarios de leur relation

À quelle fréquence ruminez‑vous et rejouez‑vous des scénarios dans votre tête ?

88% Souvent11% Parfois1% Presque jamais

Le piège du don excessif

Ruminer et trop donner vont souvent de pair : deux stratégies de survie face à l’instabilité de la relation. Ce comportement paraît moins relever d’un choix conscient que d’une mission silencieuse que l’on attend d’elles.

Le don excessif nourrit le lien… souvent au détriment de soi. À force d’oublier ses propres limites, l’équilibre s’efface : la relation devient à sens unique.

Ester Buchnik, RMFTI, spécialiste de la relation chez Liven

67 % des femmes interrogées ont le sentiment de donner plus qu’elles ne reçoivent

À quelle fréquence avez‑vous l’impression de donner plus que vous ne recevez ?

67% Souvent25% Parfois8% Presque jamais

Épuisement émotionnel et fatigue du lien

Bien souvent, ce sont les femmes qui constituent la source d’intimité principale du couple, finissant par s’épuiser à la tâche. Elles se montrent constamment attentives au ressenti de leur partenaire, jusqu’à ne plus réussir à se détendre pleinement ni à profiter pleinement de la relation.

67 % des femmes interrogées admettent privilégier les émotions de leur partenaire aux leurs

À quelle fréquence vous sentez‑vous épuisée d’être toujours celle qui cherche à recréer le lien ?

67% Souvent25% Parfois8% Presque jamais

Analyse experte

Pour comprendre la portée de ces schémas, nous avons demandé à Ester Buchnik, thérapeute conjugale et familiale diplômée, experte en relations et collaboratrice de Liven, d’analyser les données. Voici son éclairage :

Ces schémas révèlent une lente érosion de l’individualité lorsque la charge émotionnelle est déséquilibrée. Si de nombreuses femmes entrent dans la relation avec une identité solide, l’accumulation silencieuse de tâches de soin et de gestion émotionnelle déplace leur attention : elles finissent par prioriser la stabilité du couple, au détriment de leurs projets et de leur épanouissement personnel.

Ester Buchnik, RMFTI, spécialiste de la relation chez Liven

Buchnik distingue trois causes majeures à cette « disparition » :

  • Responsabilité intériorisée : En l’absence de limites claires dès le début, les femmes endossent souvent la responsabilité du « climat émotionnel » du foyer.
  • Individualité reléguée au second plan : La disparition n’est pas le fruit du hasard : elle survient lorsque l’individualité passe au second plan derrière le rôle de partenaire.
  • Stress accumulé : Ce phénomène est particulièrement sensible lors de la parentalité, devant la surcharge ou l’isolement social, surtout en l’absence de soutien du couple.

« Renverser cette dynamique demande plus qu’un simple “effort supplémentaire” », explique Buchnik. « Cela nécessite un changement culturel vers une coresponsabilité de l’intimité, et un engagement à préserver l’autonomie de chacun·e au sein du couple. ».

5 étapes guidées par des expertes pour reprendre votre place dans votre relation

1. S’autoriser des espaces en solo

Réservez du temps rien que pour vous, sans lien avec votre rôle de partenaire. Une sortie en solo, une soirée avec des proches : l’essentiel est de retrouver la joie pour nourrir son énergie émotionnelle.

2. Faire l’inventaire du partage des tâches

Le modèle de la « femme au foyer silencieuse » des années 1950 est dépassé. Il est essentiel que les deux partenaires contribuent à la vie du foyer. Si la répartition des tâches n’est pas équilibrée, engagez une discussion transparente sur la redistribution ou la possibilité de déléguer certaines missions.

3. Réunion des esprits

Visez une réciprocité totale. Si l’un cuisine, l’autre nettoie. Une répartition claire des tâches limite la charge mentale et les ressentiments qui peuvent suivre.

4. Communiquer selon ses besoins

Passez de la critique à l’ouverture. Par exemple : « Je me sens dépassé·e par [X], et j’aurais besoin de votre soutien pour [Y], afin que nous puissions apprécier notre temps ensemble. Est‑ce un bon moment pour en parler ? »

5. Revoir les bases

Si vous vous sentez constamment sous‑estimé·e, demandez‑vous : est‑ce juste un conflit d’habitudes qu’un accompagnement peut aider à résoudre, ou bien s’agit‑il d’un manque fondamental de respect ? L’autonomie ne devrait jamais être la condition de l’amour.

Pourquoi Liven s’est penchée sur ce sujet

La mission de Liven est de faire de la relation à soi un geste du quotidien, aussi naturel que de s’hydrater. Nous encourageons chacun·e à explorer ses besoins et ses schémas personnels pour façonner une démarche de découverte de soi qui lui ressemble. Pour nous, l’autorégulation doit venir d’un élan d’amour envers soi‑même, et non d’une critique ou d’une stigmatisation.

Pour créer des outils adaptés à la découverte de soi et à l’autorégulation en couple, nous avons voulu mieux comprendre les besoins des femmes et la réalité de leur vécu émotionnel à deux. En mettant en lumière ces dynamiques, Liven propose des pistes concrètes pour renouer avec la réciprocité, la sécurité et la proximité, un jour à la fois.

Méthodologie

Les résultats reposent sur l’analyse de réponses agrégées et anonymisées, collectées auprès de plus de 22 000 femmes états‑uniennes suivies par Liven (de 18 à 65 ans et plus), qui se sont identifiées comme étant dans une relation amoureuse de longue durée (mariées ou depuis au moins un an). Les données ont été recueillies via le quiz d’auto‑réflexion de Liven durant l’année 2025, puis agrégées à des fins d’analyse. L’échantillon étant auto‑sélectionné, les résultats ne représentent pas nécessairement toutes les femmes en couple de longue durée.

À propos de Liven

Liven est une application compagne de découverte de soi, choisie par plus de 2,5 millions de personnes dans le monde. Accompagné·e par des thérapeutes diplômé·es et des coachs certifié·es, vous profitez d’un parcours personnalisé pour mieux comprendre les sources de vos réactions émotionnelles et cultiver une relation intérieure plus sereine.